Temporalité et fondation

Chronologie des principaux évènements de l’abbaye, de l’antiquité à nos jours

Nichée dans un repli du massif de roches calcaires de la « Montagnette », à la limite occidentale de la Provence, dans l’angle interne formé par le cours de la Durance (est-ouest) et celui du Rhône (nord-sud), l’abbaye de Frigolet (du provençal ferigoulo thym) est un repère, un phare situé à 102 m (alt. pt. géodésique). Sa position choisie l’a mise à l’abri des crues fluviales inondant les vallons en contrebas.

Aussi, des travaux pour l’assèchement des marécages furent nécessairement tôt entrepris par les moines de l’abbaye bénédictine de Montmajour, fondée en 948. L’action associée avec la ville d’Arles, très proche au sud-ouest, était de tenter d’assurer une certaine salubrité aux populations en mal de fièvres endémiques d’une part et d’autre part de satisfaire à une certaine économie agricole et permettre l’élevage sur ces nouvelles terres. L’influence de Montmajour s’étendit alors loin vers le nord utilisant le tracé des voies de communication développées par l’avancée romaine, et empruntées aussi par les hommes, marchands et autres, les troupeaux également pour Beaucaire, Tarascon et jusqu’en Avignon passant plus commodément et en sécurité par la « Montagnette » et les hauteurs.

Hypothèses d’un habitat ancien réfléchi, pour un temps plus ou moins long, à la limite de Frigolet :

6e siècle avant J.C.

L’oppidum de La Roque, dans la partie Est de la commune de Graveson, est daté du 6e s. avant J-C.  Sur le site, les fouilles ont révélé un cimetière médiéval.

3e siècle avant J.C.

Hannibal Barca, général carthaginois, un des grands stratèges militaires et de géopolitique de l’histoire, fut à l’origine de la 2e guerre punique après le sac de la ville de Sagonte, pro romaine, en Espagne. Après avoir passé les Pyrénées et le Rhône, il aurait installé son campement dans notre région, avec ses fantassins, ses cavaliers et ses éléphants (une cinquantaine) avant de poursuivre sa marche sur Rome.

vers 105 avant J.C.

Les légionnaires de Caius Marius y auraient attendu les cavaliers teutons et cimbres, venant du nord et, de même, se dirigeant vers Rome.

XIIème siècle, pour la direction de l’ancien monastère, depuis cette époque, nous ne connaissons que quelques noms de supérieurs de communautés, mentionnés dans des chartes et autres documents :

1133

Guillaume de Loubières est prieur de la communauté probablement de chanoines réguliers

1155

Possession de l'évêque d'Avignon

1173

Pierre de Vernègues

1183

Raymond

1212 - 1222

Possession des chanoines d'Avignon

1222

Gaufredus de Parco

1229

Faraud

1300

Guillaume de Boulbon

1309

Bertrand de Peyre

1309 - 1316

12 chanoines d'Avignon, mais surtout un prêtre séculier pour faire vivre les pèlerinages à ND du Bon-Remède. Puis, démantèlement de cette communauté, qui se trouve rattachée à la collégiale de Sainte-Marthe de Tarascon.

1316

Jean XXII, pape d’Avignon, incorpore 13 frères de Saint-Michel de Frigolet au chapitre de la cathédrale d’Avignon. Le prieur Bertrand Retrani devient archidiacre du chapitre.

1365

Pierre de Octa

1373

Guillaume Gasqui

1401

Le Pape Sixte IV, libère l'abbaye de ses constitutions de Saint Augustin, et de la vie monastique. Un seul prêtre reste pour Notre-Dame du Bon-Remède.

Abbés commanditaires :

1480

24 mai, le monastère est sécularisé par le pape Sixte IV, et le titre de prieur perdure sous les commanditaires, Parmi eux, Gilles Boyer, aumônier de François Ier, construit dans la plaine le 'Grand Frigolet' dont ce qui reste aujourd'hui sur l'emplacement des bâtiments industriels. L'actuel 'Petit Frigolet' regroupe à l'époque la ferme et les dépendances de la ferme. 

1635

L’ordre des Hiéronymites restaure à Frigolet la vie religieuse et réalise d’importants travaux. Raymond Tournaire est le prieur. Il reparte en 1661.

1652

Les ermites de Saint-Augustin remplacent les hiéronymites. Malgré un incendie dévastateur, la communauté continue d’y vivre jusqu’à la Révolution avec Antoine Castagny, prieur.

1773

Confirmation des Augustins

1788

Le 9 juillet, la Bibliothèque brule en ses murs avec ses documents.

1791

Les religieux quittent Frigolet très endommagé par l’incendie de 1788. La commune de Tarascon vend le petit monastère avec deux chapelles et huit hectares de terre, l’ensemble confisqué comme bien national, à M. et Mme Chaine, de Tarascon, le 8 juin 1791.

1839-1841

Ecole où Frédéric Mistral a étudié.

1845

Edmond Boulbon, 1817-1883, ancien moine cistercien à l’abbaye Notre-Dame-du-Val (près d’Amiens), puis trappiste à l’abbaye de Sept-Fons, achète Saint-Michel de Frigolet, le 2 avril 1858, avec l’autorisation de Mgr Georges Chalandon, archevêque d’Aix, Arles et Embrun, vendu par l’abbé Delestrac, aumônier des Visitandines d’Avignon.

1858

Installation solennelle le 27 avril, après la messe chantée dans le sanctuaire de Notre-Dame du Bon-Remède. Engagement pris devant douze témoins qui apposent leurs signatures devant cet achat du Père Edmond Boulbon « pour y rendre le culte de Dieu pour la Sainte Église catholique, apostolique et romaine et pour l’usage de la communauté que je serai appelé à diriger selon la Primitive Observance de l’ordre de Prémontré ».

1860

8 mai, fête de l’apparition au pape Grégoire le Grand, en 590, de saint Michel rentrant son épée au fourreau, debout au-dessus du fort Hadrien, la résidence du pape à Rome. Interprétant ce signe positif après les processions et les prières pour conjurer la peste qui sévissait dans la ville, Grégoire le nom en château Saint-Ange. C’est la date choisie par Mgr Chalandon pour consacrer l’autel principal de l’ancienne église du monastère dédiée à cet archange. Elle vient d’être restaurée et agrandie d’une travée pour servir de salle capitulaire.

1863

26 mai, pose de la première pierre de l’église Immaculée-Conception et Saint-Joseph par Mgr Georges Chalandon, archevêque d’Aix, Arles et Embrun.

1866

6 octobre, consécration de l’église Immaculée-Conception et Saint-Joseph par Mgr Georges Chalandon, archevêque d’Aix, Arles et Embrun.

1869

16 septembre, Edmond Boulbon, restaurateur en France de l’ordre de Prémontré en la Primitive Observance, est élu abbé de Frigolet.

1880

5-8 novembre, Siège militaire de Frigolet par l’armée française (3.000 militaires contre 23 religieux) à la suite du décret d’expulsion du 29 mars dans le cadre des lois anti-religieuses. Avec le Père Abbé,  quatre frères reconnus propriétaires des lieux restent sur place. Les autres membres de la communauté, pour la plupart, émigrent en Angleterre, accueillis généreusement par le duc de Norfolk, pair du royaume et catholique. Ils y fondent le prieuré de Storrington dans le Sussex, au sud de Londres. De retour à Frigolet, lentement la vie reprend au cours des années suivantes avec les PP. Abbés Paulin Boniface 1883-1893, Denis Bonnefoy 1899, Godefroid Madelaine 1899-1919.

1898

17 septembre, le pape Léon XIII signe le décret d’union de la Congrégation de France aux prémontrés des autres pays avec un seul ordre de la Commune Observance.

1902-1948

Début de la Mission d’évangélisation et de colonisation à Madagascar (Frigolet et Mondaye) entreprise par les PP. Louis Julien, Vincent-de-Paul Cotte et autres, en parallèle et avec l’accord tacite des gouvernements français.

1903

Nouvelles lois anti religieuses. Les religieux sont expulsés. Ils se retirent à Grimbergen, puis à Leffe en Belgique. Godefroid Madelaine y est toujours abbé de Frigolet. Adrien Borelly lui succède de 1920 à 1928 et après le retour en Provence en 1922.

1905

8 décembre, achat de l’abbaye de Frigolet par l’abbé Frédéric Cros, missionnaire apostolique, directeur de L’œuvre de La Colonisation par les Orphelins, au tribunal civil de Tarascon. Transfert à Frigolet du siège de L’œuvre fondée en 1901 au Domaine de Fabiargues à Saint-Ambroix (Gard) par Félix Cros, père. 

1906

16 juin, document autographe certifié, signé de l’abbé Cros déclarant l’obligation de sa part ou de ses successeurs propriétaires de rétrocéder aux Pères Prémontrés l’abbaye de Saint-Michel acquise au tribunal civil de Tarascon le 8 décembre 1905, le jour où les dits religieux pourront revenir en France.

1916

15 janvier et 1 juillet, l’abbé Cros, propriétaire, demeurant au mas des Chênes à Barbentane, donne à bail à l’Etat français la totalité des locaux et dépendances de l’abbaye sise sur la commune de Tarascon, suivant bail sous seing privé d’une part, et l’Etat français, son locataire, représenté par M. Schrameck, préfet des Bouches-du-Rhône, agissant en cette qualité, d’autre part.

1914-1918

Frigolet, camp d’internement des prisonniers de guerre.

1924

Nouvelle expulsion, mais que de quelques semaines, la communauté n’est pas évacuée

1940-1945

Frigolet, aire d’accueil des réfugiés en zone libre.

1945

15 août, débarquement militaire des Forces Alliées à Toulon. Le 24 août, la ville de Tarascon est officiellement libérée par la 1ere Division Blindée et la 1ere Division Française Libre. Le 26 août 1944, les armées libératrices entrent en contact avec la communauté de Frigolet.

Avec la bénédiction du père Léon Perrier, abbé, Norbert Calmels souscrit un contrat d’engagement volontaire au sein de la 1ere DFL, à Châteaurenard, affecté au Bataillon de Marche n° 5 comme Aumônier de Bataillon. Campagne d’Alsace 1945. Nommé Aumônier Militaire Titulaire le 16 août 1945. Démobilisé le 5 avril 1946, il revient à Frigolet avec le grade de commandant de réserve.

 

Rappel : Norbert Calmels, 1908-1985, fait son régiment à Grasse 1929-1930, chez les chasseurs alpins. Il a 21 ans. De 1931 à 1933, il est toujours disponible pour des périodes militaires qu’il valorise de 1937 à1939. Il est désigné pour le Centre d’Instruction des Aspirants d’Infanterie à Auvours dans la Sarthe et en sort avec le grade d’Aspirant de réserve le 10 avril 1940 à 32 ans, puis il est nommé Sous-Lieutenant. Il commande une compagnie d’un régiment de Tirailleurs. Défait à Airaisnes sur la Somme, son régiment est quasiment fait prisonnier dans son entier. Norbert Calmels s’évade, passe en Angleterre et revient en France « combattant de l’ombre ». Maquis de Noves le 10 mars 1942.

En concomitance, après des études secondaires au juvénat de Sainte-Foy de Conques, Norbert Calmels prend l’habit religieux prémontré le 22 août 1926, à 18 ans. Etudes de philosophie et de théologie à l’Ecole des Dominicains de Saint-Maximin. Vœux solennels le 30 octobre 1933 à 25 ans et ordination sacerdotale le 31 mars 1934 à 26 ans. Directeur du Juvénat de Frigolet, il enseigne le grec et le latin 1934-1942. Elu 7ème Abbé de Frigolet le 9 mai 1946 à 38 ans, bénédiction abbatiale le 11 juillet, puis Abbé Général de l’ordre de Prémontré le 19 septembre 1962, il a 54 ans. Evêque titulaire de Dusa (ancienne Numidie) 1978-1985, Mgr Norbert Calmels est chargé de mission par S.S. Paul VI  auprès du roi Hassan II avec la fonction de pro-nonce au Maroc 1982-1985.

1970

850e anniversaire de la fondation de l’ordre de Prémontré.

1984

En l’honneur de Notre-Dame du Bon-Remède, vu l’afflux des pèlerins, le rayonnement de l’architecture néo-gothique donnée en référence et la décoration intérieure 1868-1877, le pape Jean-Paul II élève l’église abbatiale à la dignité de basilique mineure par décret du 12 juin 1984, sous l’abbatiat du Rme Père Marc Vaillant et Mgr Bernard Panafieu archevêque d’Aix et Arles.

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